5 octobre 2015

Just Kids - Patti Smith

Éditeur : Folio
Date de sortie : 2013

Résumé :
C’était l’été de la mort de Coltrane, l’été de l’amour et des émeutes, quand une rencontre fortuite à Brooklyn guida deux jeunes gens dans la vie de bohème, sur la voie de l’art. Patti Smith et Robert Mapplethorpe avaient vingt ans; elle deviendrait poète et performeuse, il serait photographe. À cette époque d'intense créativité, les univers de la poésie, du rock and roll et du sexe s'entrechoquent. Le couple fréquente la cour d’Andy Warhol, intègre au Chelsea Hotel une communauté d’artistes et de marginaux hauts en couleur, croise Allen Ginsberg, Janis Joplin, Lou Reed…
Just Kids commence comme une histoire d'amour et finit comme une élégie, brossant un inoubliable instantané du New York des années 1960-1970. Avec pudeur et émotion, Patti Smith retrace l'ascension de deux gamins inséparables qui insufflèrent la même énergie à leur vie qu’à leur art. 


Mon avis : Une histoire tellement belle et qui est loin de laisser indifférent. Et nous ne sommes plus tout à fait les mêmes après la lecture de ce livre, de cette histoire. Celle de Robert et Patti, parce-que celle-ci a fait le serment alors qu'il vivait ses dernières heures, il lui a fait promettre de raconter leur histoire, celle de deux jeunes gens épris d'Art, de liberté et d'amour. Et des années plus tard, Patti Smith écrit "Just Kids", une ode poétique, un manifeste artistique, une déclaration d'amour, un reportage sur son époque et son milieu culturel.
Patti est une toute jeune fille d'une vingtaine d'années lorsqu'elle décide, après avoir avorté et abandonné ses études, de prendre un bus direction New-York dans le but de devenir une artiste. Là, elle envisage de rejoindre des amis et de s'installer chez eux le temps de trouver un travail. Mais tout ne se passe pas comme prévu, et alors qu'elle croit avoir trouvé l'appartement de son ami, elle entre dans la chambre d'un jeune homme encore à moitié endormi. Ce sera sa première rencontre avec Robert. Un collier et un auteur de SF un peu louche scelleront à jamais leur amour, puis leur amitié.
Robert et Patti s'installent ensemble, leur premier appartement est un nid dans lequel ils mettent en scène leur passion commune pour l'art, et leur amour. Souvent à cours d'argent, leur vie est faite de sacrifices et de menus plaisirs qu'ils partagent, sorte de rituels, en attendant la gloire.
L'auteure décrit dans ce livre sa vie avec Robert et les changements qui auront lieu dans leur univers au fur et à mesure des rencontres, des choix. Le cheminement pour trouver sa voie, tant au niveau artistique que sexuelle ou amoureuse. Et au milieu de tout le virevoltement, entre poètes, La Factory de Warhol, musiciens, et autres figures emblématiques de ces années, Patti et Robert indissociables et pourtant si différents, chacun se nourrissant du travail et des encouragements de l'autre jusqu'à atteindre leur but et réaliser leurs rêves.
Un livre très émouvant, qui nous plonge dans cette époque si emblématique faite de Rock n'roll, de sexe, d'art, de drogues. Une époque empreinte de liberté où tout paraissait encore possible même pour des jeunes gens désargentés mais talentueux et audacieux, et de laquelle sortira quelques-unes des figures mythiques de la musique, de l'art.
Un gros coup de cœur, j'ai adoré la poésie de Patti Smith, son écriture est si belle et rend un vibrant hommage à Robert Mapplethorpe, et à toutes ces années passées à ses côtés dans une émulation perpétuelle. A lire!

- Patti Smith 
- The Robert Mapplethorpe Foundation (sur lequel j'ai pris quelques photos)













4 octobre 2015

Des milliards de tapis de cheveux - Andreas Eschbach

Éditeur : J'ai Lu
Date de sortie : 2004

Résumé :
Quelque part aux confins de l'Empire, sur un monde oublié de tous... une petite planète apparemment anodine. Sauf que, depuis des temps immémoriaux, les hommes s'y livrent à une étrange occupation : tisseurs de père en fils, ils fabriquent des tapis de cheveux destinés à orner le Palais des Étoiles de l'Empereur. Pourtant, une étrange rumeur circule. On raconte çà et là que l'Empereur n'est plus. Qu'il serait mort, abattu par des rebelles. Mais dans ce cas, à quoi peuvent donc servir ces tapis ? Et qui est cet homme si étrange qui prétend venir d'une lointaine planète ? Lui aussi affirme que l'Empereur est mort... 

Mon avis : Un roman vraiment très original, en effet, je crois que je m'étais attendue à tout quant à l'utilisation de ces tapis, mais pas du tout à ce que l'on découvre au fur et à mesure que l'histoire de l'empire se révèle à nous. 
L'auteur nous fait découvrir au début du roman le métier de tisseur, sorte de caste, de fonction qui se transmet de père en fils depuis des années. Le tisseur n'a d'ailleurs qu'un fils, qui doit endosser la dette de son père et réaliser à son tour un tapis de cheveux grâce à la chevelure de ses épouses et dont la vente servira à la subsistance de tout une vie. C'est une réalisation importante pour ces hommes et ces femmes puisque cet ouvrage est réalisé pour l'empereur. La guilde des marchands les acquiert à prix d'or et est chargée de les conduire jusqu'aux vaisseaux impériaux. Mais en réalité, bien que cette coutume soit très importante et ancienne, personne ne sait plus quelle est la véritable utilité de ces tapis si ce n'est l'ornementation d'un palais (qui depuis déjà longtemps doit être enseveli sous la masse). D'autant plus que la rumeur court que l'Empereur est mort (où partent donc ces tapis?).
Au cours de ce récit scindé en plusieurs histoires, l'auteur va s'appliquer à faire comprendre au lecteur l'histoire de cet empire millénaire, étroitement liée à l'homme qui est à sa tête et qui a appris à tirer toutes les ficelles et à le façonner tel qu'il le souhaitait. La trame du roman se laisse découvrir au fur et à mesure, comme l'utilité des tapis, la politique de l'empire, ses opposants, ses conflits. Un récit assez dense, et même si parfois quelques histoires semblent superflues, je pense que j'ai simplement dû passer à côté de ce qu'elles voulaient m'apprendre.
Au final, un très bon roman qui n'est pas un coup de cœur, mais presque. Très bien écrit, et une histoire originale qui laisse toutefois un sentiment étrange de "tout ça pour ça" et qui ne m'a personnellement pas déçu.

27 août 2015

Le rapport de Brodeck - Philippe Claudel

Éditeur : Stock
Date de sortie : 2007

Résumé :
Je m’appelle Brodeck et je n’y suis pour rien. Je tiens à le dire. Il faut que tout le monde le sache. Moi je n’ai rien fait, et lorsque j’ai su ce qui venait de se passer, j’aurais aimé ne jamais en parler, ligoter ma mémoire, la tenir bien serrée dans ses liens de façon à ce qu’elle demeure tranquille comme une fouine dans une nasse de fer. Mais les autres m’ont forcé : « Toi, tu sais écrire, m’ont-ils dit, tu as fait des études. » J’ai répondu que c’étaient de toutes petites études, des études même pas terminées d’ailleurs, et qui ne m’ont pas laissé un grand souvenir. Ils n’ont rien voulu savoir : « Tu sais écrire, tu sais les mots, et comment on les utilise, et comment aussi ils peuvent dire les choses […]. »

Mon avis :
Il est des livres dont on ne ressort pas totalement indemne, "Le rapport de Brodeck" est de ceux-là. Quand on n'a pas connu la guerre, il est parfois difficile de s'imaginer à quel point elle a pu changer la nature de l'Homme, révéler ses héros mais également faire ressortir tout ce qu'il peut y avoir de détestable dans la nature humaine. Philippe Claudel nous met face à ce type de personnages, des lâches, des égoïstes. Des personnes qui pensent que la guerre est une parenthèse dans laquelle, quelques soient nos actions, elles seront justifiées par le contexte. La guerre est une excuse à l'ignominie.
L'histoire se passe après guerre, dans un village proche de la frontière allemande, l'un de ces villages où tous se connaissent, où les familles sont établies depuis des générations, et où la nouveauté fait figure de danger. Brodeck y est arrivé avec sa mère adoptive, Fédorine, alors qu'il était encore un enfant. Déjà victime d'une guerre qui avait fait de lui un orphelin.
Alors qu'il est adolescent, le village finance ses études à l'université pour qu'il devienne lettré, et puisse aider la communauté à son retour. C'est ainsi, à la Capitale, qu'il fera non seulement la rencontre avec celle qui deviendra son épouse mais qu'il assistera de manière violente à la montée du nazisme.
Parce-qu'il a fait des études et afin d'expliquer leur geste, le maire va lui demander un rapport sur "L'Ereigniës", l'événement qui s'est passé à l'auberge et auquel tous les hommes du village ont participé, tous sauf Brodeck. Il va donc commencer la rédaction du rapport, mais en parallèle, Brodeck va aussi écrire la vérité sur le village et ses habitants, et révéler leur comportement, envers lui, l'Anderer, les "Fremdër", et toutes les personnes qui n’appartenaient pas à la communauté. Ainsi que les horreurs dont il a pu être témoin pendant cette période troublée.
J'ai adoré ce livre, et j'avais déjà pu apprécier le style de l'auteur avec "Les âmes grises". Le récit est lent, et l'on ressent bien toute la tension et la haine de l'autre qui suintent des villageois. Il nous fait prendre conscience à quel point les contextes liés à la guerre peuvent changer durablement les hommes, et leur faire oublier leur humanité afin de sauvegarder leurs biens et leur "routine". 


A NOTER : 
http://www.dargaud.com/bd/Rapport-de-Brodeck-Le/Rapport-de-Brodeck-Le/Rapport-de-Brodeck-Le-tome-1-Autre-L
L'adaptation BD de ce très beau livre, dessins de Manu Larcenet chez Dargaud.

Voici le nouveau chef-d’œuvre de Manu Larcenet ! Une sublime adaptation du best-seller de Philippe Claudel.
Manu Larcenet s'attaque pour la première fois à une adaptation, celle du chef-d’œuvre de Philippe Claudel, Le Rapport de Brodeck. Mais lorsque l'auteur de Blast et du Combat ordinaire s'empare du texte, c'est pour le faire sien et lui donner une nouvelle vie, éclatante, sombre et tragique. Des pages d'une beauté stupéfiante, magnifiant la nature sauvage et la confrontant à la petitesse des hommes ; une plongée dans les abîmes servie par un noir et blanc sublime et violent. Un très grand livre.
Manu Larcenet adapte de façon majestueuse le best-seller de Philippe Claudel : un chef-d’œuvre.

24 août 2015

Le cercle de Farthing - Jo Walton

Éditeur : Denoël 
Date de sortie : Février 2015

Résumé :
Huit ans après que «la paix dans l'honneur» a été signée entre l'Angleterre et l'Allemagne, les membres du groupe de Farthing, à l'origine de l'éviction de Churchill et du traité qui a suivi, fin 1941, se réunissent au domaine Eversley pour le week-end. Bien qu'elle se soit mariée avec un Juif, ce qui lui vaut d'habitude d'être tenue à l'écart, Lucy Kahn, née Eversley, fait partie des invités. Les festivités sont vite interrompues par le meurtre de Sir James Thirkie, le principal artisan de la paix avec Adolf Hitler. Sur son cadavre a été laissée en évidence l'étoile jaune de David Kahn. Un meurtre a eu lieu à Farthing et un coupable tout désigné se trouvait sur les lieux du crime. Convaincue de l'innocence de son mari, Lucy trouvera dans le policier chargé de l'enquête, Peter Antony Carmichael, un allié. Mais pourront-ils ensemble infléchir la trajectoire d'un Empire britannique près de verser dans la folie et la haine?  

Mon avis :
Après avoir lu "Morwenna" et avoir beaucoup apprécié ce livre, je me suis dit que je pourrais découvrir d'autres œuvres de cette auteure qu'est Jo Walton. Les critiques n'étant pas trop mauvaises, je me lance donc dans la lecture de "Le cercle de Farthing" qui sur le papier a tout pour me plaire. Une enquête policière au sein de l'aristocratie anglaise sur fond de montée du nazisme, sorte de huis clos à la Agatha Christie avec un coupable servi sur un plateau.
Un meurtre est commis lors d'une réception donnée à Farthing, sur le domaine des Eversley, famille fortunée et ayant jouée un rôle très important dans la signature du traité de paix avec l'Allemagne nazie. Alors que Scotland Yard est dépêchée sur les lieux, toutes les personnes présentes à l'heure supposée du crime sont assignées à résidence. Évidemment, l'étoile jaune retrouvée sur la victime pointe vers David Kahn, époux de la fille de la famille, coupable idéal puisque juif. Commence alors les interrogatoires, les confidences et bien sûr les accusations. Dans ce milieu où tout se sait mais où tous se taisent et dans lequel les apparences sont ce qu'il faut sauvegarder avant tout.
Si j'ai trouvé que c'était un bon livre, je dois dire que le style employé m'a un peu déroutée au départ. En effet, autant je le trouvais approprié dans la bouche d'une héroïne adolescente, autant ici, je trouve que ça discrédite un peu le personnage de Lucy et la fait passer pour une personne naïve et à la limite de le mièvrerie.
Et je crois que c'est ce que je reprocherai en général à ce roman, l'idée de départ est très intéressante, malheureusement, je trouve que l'intrigue manque un peu de profondeur, tout comme la plupart des personnages. Les gentils sont trop gentils et les méchants ne le sont pas assez. Ça manque de reliefs. Il m'a semblé que le contexte était mal exploité et que le lecteur ne prenait pas toute la pleine mesure des menaces qui pouvaient planer tant sur les homosexuels que sur les juifs à cette époque, et à cause des conséquences du meurtre de James Thirkie. Le jeune David Kahn se montre d'un optimisme rare, tandis que sa fraîche épouse nous semble partie pour un voyage d'agrément. Seul le personnage du policier m'a semblé assez crédible, et bien dans la "réalité" de cette uchronie.
Au final, un bon livre, mais je suis passée à côté de la "menace" qu'a (il me semble) voulu faire planer l'auteure sur ses personnages, et d'ailleurs, je ne suis pas sûre qu'ils en aient pris eux-même la pleine mesure. Quand à l'enquête, certains trouveront le coupable bien avant que tout nous soit révélé, même si Jo Walton a essayé de brouiller les pistes.

14 août 2015

La prophétie de Viviane - Romain Godest

Éditeur : Ouest-France
Date de sortie :Mars 2015

Résumé :
Lorsque le druide Delienn vient interrompre le deuil du seigneur Kaelig Morvan, ce dernier est loin d’imaginer que sa fille est condamnée à un sort funeste par une mystérieuse secte religieuse. En effet, une prophétie désigne Aela Morvan comme la descendante de la fée Viviane. Dans une Bretagne du XVIIème siècle, Kaelig va devoir laisser ressurgir les démons enfouis au plus profond de son être pour tenter de déjouer les plans du baron Claude de Lessac.

Aidé par trois amis déterminés à offrir leurs vies pour sauver Aela, il va découvrir les mondes imaginaires du Sidh et tenter de dérober la flèche de Steor, seule arme capable de terrasser le baron.

Mais une question demeure : Kaelig Morvan parviendra-t-il à ne pas sombrer dans cette violence sanguinaire que sa défunte épouse était parvenue à contrôler ? 

Mon avis:
Ce livre sert certainement d'introduction à l'auteur puisqu'il est le tome 1 d'une série de trois. Romain Godest place donc ses personnages et nous apprend ici dans quels mondes ils évoluent, à la fois le monde des humains, et celui du Sidh, dans lequel vivent les fées, sorcières et autres sylphes.
Kaelig Morvan, alors qu'il vient de perdre sa femme et son fils, apprend que sa fille Aela agée de 11 ans est une descendante de la Fée Viviane, et qu'elle possède, encore en sommeil, des pouvoirs d'une très grande puissance. Cependant, la secte religieuse Deus Mirus, qui a déjà tué une partie de la famille de Kaelig, veut s'en prendre à présent à Aela. Celui-ci décide donc, pour protéger sa fille, de venir à bout de ces forces du mal, et de lutter avec l'aide d'amis aussi fidèles que dangereux.
Romain Godest nous entraîne dans sa Bretagne magique et sauvage pour nous livrer une histoire qui tient la route mais qui se révèle parfois un peu longue, voire ennuyeuse. Même la violence et la hargne des personnages n'arrivent pas à rythmer un peu le texte, l'aventure reste cependant originale, et l'on prend plaisir à suivre cette quête finalement assez proche d'un scenario de jeu de rôle. 
Nous allons donc rencontrer dans ce récit des sorcières, des magiciens immortels, des êtres dangereux et cruels, mais aussi des héros courageux et plein de fêlures, et surtout pas aussi gentils qu'il sied à un héros de l'être.
Même si nous nous trouvons dans un schéma classique de Fantasy, et malgré le manque flagrant d'action, l'écriture de l'auteur est agréable, et l'on passe un bon moment avec les héros de cette histoire. Il manque juste le côté "Mais que va-t-il arriver!" qui nous pousserait immanquablement vers le tome 2.

5 décembre 2014

Les chemins de Damas - Pierre Bordage

Éditeur : Le Livre de Poche
Date de sortie : 2007

Résumé :
Après la grande guerre contre les nations musulmanes, l’Europe est dominée par les mouvements évangéliques venus des États-Unis. Délocalisations, prolifération des milices et des bandes, misère et corruption généralisées: le vieux continent s’enfonce dans la crise. Divorcée, Jemma vit dans une résidence protégée au cœur de Paris. Un jour, sa fille disparaît, comme des milliers d’autres enfants avant elle. Désemparée, la jeune femme part à sa recherche aux côtés de l’énigmatique Luc, vers ce Moyen-Orient diabolisé, impénétrable…

Mon avis :
Troisième et dernier tome de la trilogie des Prophéties, je n'ai lu que celui-ci puisque visiblement il est possible de les lire indépendamment les uns des autres. A part le contexte du roman qui est peut-être expliqué dans les tomes 1 et 2 mais qui reste tout à fait compréhensible, je n'ai pas eu l'impression d'avoir manqué le début de l'histoire.
Pour ce qui est de l'histoire justement, le lecteur suit les aventures de Jemma, femme seule et divorcée dont la fille a disparu sans laisser de traces. Pour les autorités, ces "enlèvements" qui se multiplient sont sans doute le fait de Mafias et autres organisations criminelles dans le but d'alimenter les trafics. Mais pas pour Luc, journaliste, qui se présente au domicile de Jemma afin de lui faire part de sa théorie qui, quoiqu'un peu tirée par les cheveux, apporte à cette mère brisée un frêle espoir de retrouver sa fille. Elle décide donc d'abandonner sa vie et d'accompagner cet homme, ce parfait inconnu dans un périple qui doit les mener jusqu'au Moyen-Orient. De toute façon, dans cette société détruite elle n'a plus rien à perdre.
Bordage parsème son récit de tranches de vie , des chapitres consacrés à des personnages qu'on ne connaît pas et que l'on ne reverra plus par la suite et qui aident le lecteur à se faire une idée précise de la difficulté à vivre dans cette Europe d'après-guerre.
Une très bonne lecture pour moi, et je lirai volontiers les autres livres de la trilogie. La vision du monde que nous propose Bordage fait presque peur dans la mesure où elle pourrait aisément se rapprocher du contexte actuel. Je suis définitivement conquise par l'écriture de cet auteur et je vais peut-être le classer dans les valeurs sûres, même si ce livre n'est pas un coup de coeur,

26 novembre 2014

Guin Saga, 4. Le prisonnier des Lagons - Kaoru Kurimoto

Éditeur : Fleuve Noir
Date de sortie : 2007

Résumé :
Quatrième volume de la série Guin Saga, une épopée de Fantasy japonaise devenue un véritable phénomène au Japon. Entrez dans l'univers étrange et magique du guerrier à tête de léopard, un monde d'aventures fantastiques !
L'armée mongaule est terrassée après la bataille éclair qu'elle vient de perdre contre les Sem et le guerrier léopard à leur tête. Guin sait que le petit peuple singe ne pourra pas lutter plus longtemps seul et part chercher de l'aide chez les géants lagons. Mais il devra traverser un désert semé d'embûches : tempête de sable, loups affamés. Quand enfin Guin parvient à trouver les Lagons, ils le prennent pour un esprit mauvais et le font prisonnier ! Le temps presse, les Sem sont si vulnérables... Leur espion chez les Mongauls est leur seul atout.
Les aventures du guerrier à tête de léopard se poursuivent sur un rythme effréné. Dans ce quatrième épisode, on découvre de nouvelles créatures et les batailles s'enchaînent. Guin va-t-il retrouver la mémoire et, surtout, sauver une fois pour toutes ses amis des griffes mongaules ?

Mon avis :
Avant dernier tome de la saga disponible en français, et dans la mesure où je ne pense pas pouvoir trouver le tome 5 à un prix raisonnable sous peu, je vais rester sur ma faim...Et c'est dommage, parce-que même si cette saga reste dans l'archétype de base de la littérature Fantasy, je trouve qu'elle s'affine au fur et à mesure des tomes (il y a en 126, alors les derniers doivent être fantastiques!).
Dans ce livre, l'armée Mongaule tente toujours d'envahir le désert de Nociphère et d'éradiquer le peuple Sem, qui résiste tant bien que mal, aidé de Guin, et malgré un effectif réduit. Sentant que la stratégie employée jusque-là a ses limites, l'homme à tête de tigre décide de partir à la recherche des Lagons, peuples légendaire de Nociphère, qu'il espère rallier à sa cause.
Pendant ce temps, la lutte des Sems continue, et je dois dire que les scènes de combat dans ce tome sont particulièrement violentes, on en vient même à prendre en pitié cette armée peu équipée et formée pour ce genre de guerre, dans un environnement plus qu'hostile.
Hormis la "vision" que délivre Linda et qui aidera bien Guin, les jumeaux sont quasi absents, et on ne s'en plaint pas trop, d'autant plus que pour l'instant, ils ne tiennent pas une place de premier plan, mais nous ne sommes qu'au tout début de l'histoire.
En résumé, une lecture agréable et rapide, qui nous plonge encore dans le monde étrange de Nociphère et de sa faune meurtrière aux côtés de cet étrange personnage qu'est Guin. Je trouve ce tome bien meilleur, même si l'écriture reste assez simpliste et dans les clichés de la Fantasy.

6 novembre 2014

La nuit où le serpent fut tué - Hikaru Okuizumi

Éditeur : Acte Sud Littérature
Date de sortie : 2002

Résumé :

Akihiko, jeune et brillant professeur, s’apprête à épouser Machi, la belle bibliothécaire de son université, quand une lettre anonyme vient troubler sa sérénité. Tel un serpent venu se glisser dans son intimité, ce message remet en question la fidélité de sa bien-aimée. Inconsciemment humilié, Akihiko part comme prévu pour quelques jours de vacances dans la famille de sa future femme, mais rien ne se passe comme il le souhaitait. Incapable d’oublier la terrible révélation, le jeune homme perd ses moyens, ne parvient plus à honorer sa belle et dérive vers l’angoisse, la suspicion et la paranoïa.
Telle une spirale de suspense et d’angoisse, ce livre magistralement mené met en scène l’impuissance, l’érotisme, le fantasme, l’onanisme et les intrigues politiques. Sous le signe du serpent, mythologie grecque et japonaise se répondent et c’est dans une langue remarquable qu’Okuizumi fait ici une plongée dans le mythe d’Eros. 

Mon avis :
Un livre vraiment très étrange dans lequel le lecteur découvre le temps de quelques jours l'état d'esprit d'Akihiko alors qu'il rencontre pour la première fois la famille de sa future femme. Pendant le voyage, le jeune professeur se révèle incapable de satisfaire sexuellement sa partenaire, et commence alors à se poser des questions. Se rajoute à son angoisse grandissante des lettres anonymes qui détaillent les ébats amoureux qu'entretiendraient en secret son mentor et sa future femme.
Akihiko se perd dans une certaine paranoïa, en même temps que le doute grandit et s'insinue en lui tel un serpent. Non seulement il se rends compte qu'il ne connait pas vraiment la personnalité de celle qu'il aime, mais qu'il ne connait pas ou très peu l'histoire de sa famille. Il remet en question son histoire, jusqu'à être attirée par la figure forte du roman, la soeur aînée de sa future épouse.
Une lecture compliquée à expliquer, et de ce fait à aimer. L'écriture est quelques fois difficile à appréhender dans la mesure où le lecteur essaie de comprendre l'état d'esprit du jeune homme et que ses pensées finissent souvent par se perdre. On comprend le malaise induit par le mariage, la révélation de l'adultère, et la rencontre avec la belle-famille, notamment la soeur aînée, cheffe du clan. Mais toutes les digressions finissent par perdre le lecteur.
Au final, pour moi une lecture bizarre qui explore les pensées d'un homme en proie aux doutes et qui nourrit sa paranoïa. Pas très facile d'accès.

Peste - Chuck Palahniuk

Éditeur : Folio SF
Date de sortie : 2009

Résumé :


Mais qui est donc Buster Casey, alias Rant ? Dans un futur où une partie de la population est " diurne " et l'autre " nocturne " selon un couvre-feu très strict, Peste prend la forme d'une biographie orale faite de rapports contradictoires émanant de témoins qui ont connu le mystérieux Buster de près ou de loin. Garçon aux mœurs étranges, friand de morsures animales en tous genres pour certains, génial tueur en série ou répugnant individu pour d'autres, le véritable Buster Casey semble, au fil des récits, de plus en plus insaisissable et protéiforme. De quoi alimenter le mythe...

Évangile subversif et grotesque où le rire donne la réplique à l'horreur, Peste décrit un monde qui marche sur la tête, où la vie est à mourir d'ennui et la mort positive et créatrice. Chuck Palahniuk explore, encore et toujours, les tréfonds de la vie moderne et dresse le portrait en creux d'une Amérique en mal de repères.

Mon Avis :

A première vue, je m'attendais à un récit relatant l'émergence d'un virus, comment il avait décimé une partie de la population. Une histoire racontée par les survivants, la transmission, la mort... Il n'en est rien. Ce livre est plutôt l'histoire de Buster Casey, vu par ses proches, ceux qui l'ont côtoyé de près ou de loin, voire pas du tout. On assiste en fait à la naissance de la légende, avec tout ce qu'elle peut comporter de vérité ou de mythe, de on-dit.
Je ne peux pas dire que la lecture soit palpitante, un recueil de témoignages (du chauffard à l'historien, en passant par la mère ou les amis de Rant) qui nous permettent de comprendre la structure de cette société, où la population est soit diurne, soit nocturne, et ne se croise jamais selon si elle appartient à l'une ou l'autre des communautés. Les nocturnes sont pour la plupart des personnes désabusées qui passent une bonne partie du temps à organiser et faire des "nuits de crashing" dont les règles sont très clairement établies et doivent être respectées. Communauté dont Buster Casey fera partie après avoir quitter sa ville natale.
On comprend cependant au fil de la lecture que Buster Casey est beaucoup plus que le patient zéro, et que sa naissance, sa lignée contient une part de mystère qui sera peu à peu dévoilée au lecteur.
Pas exactement la lecture à laquelle je m'attendais, mais un roman plutôt agréable à lire, avec des révélations et témoignages assez surprenants. 

1 octobre 2014

Dossier Benton, une enquête de Kay Scarpetta - Patricia Cornwell

Éditeur : Le livre de Poche
Date de sortie : 2008

Résumé :

Kay Scarpetta se remet à peine de l’attaque d’un monstrueux serial killer, Jean-Baptiste Chandonne.
Le tueur vient d’être arrêté, mais le cauchemar n’est pas terminé pour autant. Car, de victime, Kay risque de se retrouver sur le banc des accusés. Qui est derrière cette machination?
Avec l’aide de Lucy et de Pete Marino, Kay découvre que tout la ramène à un passé qu’elle tente désespérément d’oublier: La mort de son amant, Benton Wesley.

Mon avis:
Je ne suis pas une grande fan de Patricia Cornwell, mais une gentille dame m'en a offert deux pour l'avoir conseillée sur des livres, je me fais donc un devoir de les lire.
Kay Scarpetta se fait attaquer chez elle par le serial-killer connu sous le pseudonyme du "Loup-Garou". Elle échappe de peu à une mort qu'elle sait être atroce, puisque c'est elle qui a pratiqué l'autopsie de certaines des victimes du tueur. Elle se réfugie alors chez l'une de ses amies pour éviter la presse et tenter de reprendre pied. Mais au fur et à mesure que l'enquête avance, elle va découvrir la vérité sur la mort de son ancien amant et va être accusée du meurtre d'une de ses connaissances, jusque là attribué au "Loup-Garou".
C'est confus, une histoire qui peine à démarrer, une héroïne qui se plaint durant les trois quart du livre, un flic qui énerve tout le monde mais qui est là tout le temps (jusqu'à la fête de Noël) et bien trop de questions soulevées qui restent sans réponse. Sans parler d'une fin beaucoup trop "happy end".
On ne sait plus qui l'on doit suivre, si l'enquête est sur Benton, Scarpetta, les Chandonne...Trop de personnages, d'affaires dans l'affaire qui n'aboutissent à rien pour finir...et bien sur rien. On a évidemment quelques révélations, mais qui ne suffisent pas à expliquer les plus de 500p de ce bouquin.
Je ne suis pas du tout convaincue par cette histoire, trop d'invraisemblances et de pistes qui sont évoquées sans que le lecteur ait le début d'une solution, d'une explication.

25 août 2014

La voleuse de livres - Markus Zusak

Éditeur : Pocket Jeunesse
Date de sortie : 2012


Résumé :
1939, EN ALLEMAGNE NAZIE. LE PAYS RETIENT SON SOUFFLE. LA MORT N'A JAMAIS ÉTÉ AUSSI OCCUPÉE ET JAMAIS ELLE NE LE SERA AUTANT.

Un roman où il est question :
d'une fillette
de mots
d'un accordéoniste
de fanatiques
d'un boxeur juif
d'un certain nombre de vols...

C'est la Mort elle-même qui raconte cette histoire. Dotée d'un humour noir, sarcastique, mais compatissant, elle est témoin de la folie des hommes. Tout semble perdu d'avance, sauf quand se distinguent des enfants rebelles et des Allemands qui n'obéissent pas aux règles...

Mon avis :
Liesel Meminger n'a pas plus de 10 ans lorsqu'accompagnée de sa mère et de son petit frère elle se rend à  Molching où attendent ses parents nourriciers. En effet, sa mère trop pauvre pour subvenir aux besoins de ses enfants n'a d'autre choix que de les confier à une famille qui pourra les nourrir, et qui en contrepartie recevra une pension. Mais durant le trajet, Werner, le petit garçon décède et c'est donc seule, et amputée d'une partie d'elle-même que Liesel entre dans la vie de Hans et Rosa Hubermann. C'est aussi pendant l'enterrement de son petit frère que Liesel commet son premier vol de livre, vol qui se révèlera déterminant tout au long de sa vie.
A travers l'histoire de cette petite fille, sa nouvelle vie au milieu de personnages touchants, émouvants ou détestables, l'auteur nous fait vivre le quotidien des allemands durant la seconde guerre mondiale. Dans cette petite ville près de Munich et Dachau, Liesel se confronte à la montée du nazisme, au culte de la personnalité, à la haine contre les juifs, mais aussi à la difficulté qu'ont ses "parents" à obtenir de la nourriture, avoir du travail et gagner de l'argent.
Elle découvre avec acharnement et plaisir le pouvoir des mots, des livres, ceux qui sont volés, offerts. Et fait partager cet amour à ceux qui en ont besoin, elle transforme la lecture en un remède contre les bombardements, la mort, la maladie...
La voleuse de Livres est une très belle lecture, pleine d'émotion et d'amour. On aime suivre Liesel dans sa vie de tous les jours et s'attacher comme elle à Hans un homme incroyable, Rudy Steiner le voisin et même Rosa (un personnage très complexe). Mais Liesel fait la connaissance de beaucoup d'autres personnes qui ont toutes leur propre histoire, souvent douloureuse, liée à la guerre évidemment, qu'elle s'emploiera à panser avec la fraîcheur et la naïveté touchante d'une enfant.
Le fait que ce soit la Mort qui raconte l'histoire ajoute encore une dimension à cette lecture puisqu'au lieu de prendre de la distance par rapport au récit, elle nous fait suivre les aventures de la fillette et de son entourage avec une certaine tendresse, et nous rend tout l'attachement qu'elle porte aux humains.
Ce livre est pour moi un petit coup de coeur!

11 août 2014

Le maître du Haut Château - Philip K. Dick

Éditeur : J'ai Lu
Date de sortie : 2001

Résumé :
En 1947 avait eu lieu la capitulation des alliés devant les forces de l'axe. Cependant que Hitler avait imposé la tyrannie nazie à l'est des Etats-Unis, l'ouest avait été attribué aux japonais.
Quelques années plus tard la vie avait repris son cours normal dans la zone occupée par les nippons. Ils avaient apporté avec eux l'usage du Yi-King, le livre des transformations du célèbre oracle chinois dont l'origine se perd dans la nuit des temps. Pourtant, dans cette nouvelle civilisation une rumeur étrange vint à circuler. Un homme vivant dans un haut château, un écrivain de science-fiction, aurait écrit un ouvrage racontant la victoire des alliés en 1945... 

Mon avis :
Dans ce roman, on suit plusieurs personnages qui ne se rencontrent jamais, mais qui ont plus ou moins de liens. Childan tient une boutique pour les collectionneurs japonais, en effet, après la victoire de l'Allemagne Nazie, la culture américaine a été pratiquement effacée, et les objets témoins de cette histoire révolue constituent des oeuvres de choix pour la riche clientèle japonaise. C'est ainsi que l'on fait la connaissance de M. Tagomi, qui cherche un cadeau pour un mystérieux personnage qu'il doit rencontrer. On suit ensuite Frank, ouvrier juif qui vient de se faire licencier, son ex-femme Julianna, et bien sûr, "le suédois" qui doit collaborer avec M. Tagomi. Toutes ces personnes ont en commun les livres, le Yi King ou Livre des transformation en premier lieu, qui est un livre de divination et les aide à faire des choix, prendre des décisions ou comprendre les situations, et Le poids de la Sauterelle, qui décrit le monde tel qu'il aurait pu être si l'Allemagne avait perdue la guerre, roman interdit de par l'histoire qu'il raconte et intrigant à cause de son auteur. 
Pour être franche, je n'ai pas beaucoup apprécié "Le maître du Haut Château", et je pense que je suis passée à côté de ce que voulais me dire l'auteur. Beaucoup d'incompréhension, et j'ai trouvé les personnages très froids, dans l'introspection. Même si la projection dans un monde dirigée par les Nazis a été un peu douloureuse, j'ai trouvé l'idée intéressante, mais pour ce qui est des personnages et de leur vie, je n'ai pas réussi à être captivée. Ma lecture a été à l'image de ces hommes et femmes, cynique et détachée, j'attendais la fin.

28 juillet 2014

Enterre mon coeur à Wounded Knee - Dee Brown

Éditeur : Albin Michel
Date de sortie : 2009

Résumé :
"Plus de deux cents cultures indiennes ont été virtuellement détruites, entre le Massachusetts et la Californie, au cours de l’histoire des Etats-Unis. Il nous faut nous souvenir de ce qui s’est passé à Sand Creek ou à Wounded Knee." Jim Harrison

Largement fondé sur des documents inédits – archives militaires et gouvernementales, procès-verbaux des traités, récits de première main… –, ce document exceptionnel retrace, de 1860 à 1890, les étapes qui ont déterminé "La Conquête de l’Ouest". De la Longue Marche des Navajos au massacre de Wounded Knee, il se fait ici la chronique de la dépossession des Indiens de leurs terres, leur liberté, au nom de l’expansion américaine. Si l’Histoire a souvent été écrite du point de vue des vainqueurs, Enterre mon coeur donne la parole aux vaincus, de Cochise à Crazy Horse, de Sitting Bull à Geronimo, et compose un chant tragique et inoubliable. Publié pour la première fois en 1970 aux États-Unis, traduit dans le monde entier, où il s’est vendu à plus de six millions d’exemplaires, Enterre mon cœur à Wounded Knee est devenu un classique. La présente édition, totalement remaniée, a fait l’objet d’une nouvelle traduction.


Mon avis :
Un livre poignant dans lequel le lecteur se fait le témoin silencieux du massacre des Indiens. Où l'on voit de quoi est capable l'être humain pour la possession et l'argent, quitte à exterminer des peuples qui se voulaient pacifiques ainsi que leur nourriture (le massacre des bisons avait aussi pour but, outre la peau de l'animal, d'accélérer l'extinction des tribus). Les indiens n'étant pas considérés comme des américains, et encore moins comme des personnes (légalement), l'état américain en a profité pour prendre la plupart de leurs terres cultivables, celles sur lesquelles on pouvait trouver de l'or, ou d'autres minerais susceptible de rapporter de l'argent. De plus, nous apprenons que la corruption et les trafics juteux qui faisaient partie du fonctionnement des réserves n'encourageaient pas à l'amélioration des conditions de vie des Indiens, bien au contraire, et encore moins au respect des traités, remaniés et bafoués très allègrement par le Gouvernement.
Cette autre version de la "Conquête de l'Ouest" donne enfin la parole à tous ces Chefs indiens et à leurs peuples, à leurs guerriers, leurs femmes et leurs enfants, massacrés, volés, emmenés en esclavage pour que l'homme blanc puisse exploiter le territoire américain. Et nous fait découvrir comment les indiens ont longtemps été considérés comme des êtres sanguinaires et sans pitié, des êtres trop dangereux, à l'instar des bêtes sauvages, pour être laissés libres dans la nature. Cela dans un seul but, le vol pur et simple de leur terre natale et de ses ressources.

22 juillet 2014

La légende de Hawkmoon, L'épée de l'Aurore - Michaël Moorcock

Éditeur : Presses Pocket (Fantasy)
Date de sortie : 2005

Résumé :
Les hordes noires du Ténébreux Empire de Granbretanne ont balayé l'Europe. Seul le peuple de Kamarg a pu se réfugier dans une autre dimension grâce au pouvoir de l'antique machine du Peuple des Ombres. Dorian Hawkmoon et Huillam d'Averc partent sans hésiter pour Londra, au coeur du pays ennemi couvert de sang. Ils doivent comprendre ce que trament les savants du Roi-Empereur. Mais un grand danger les attend : la buveuse de sang, l'Epée de l'Aurore qui rend les morts à la vie...

Résumé :
La Kamarg et son peuple réfugiés dans une autre dimension, Dorian Hawkmoon, le comte Airain et tout ce petit monde sont à présent hors de portée de Méliadus, Grand Connétable de l'Ordre du loup. Mais celui-ci n'a pour autant pas abandonné l'idée d'assouvir sa vengeance, et rêve de les voir tous morts ou réduits en esclavage.
Alors que Dorian tente de tromper son ennui (comme les autres du reste), il rencontre un personnage qui lui est inconnu, comment est-il arrivé là, et est-il à la solde des Grandbretons? Une chose est sûre, ils ne sont plus en sécurité. Cet homme est arrivé jusqu'à eux grâce à la science d'un sorcier, son histoire n'a pas été prise au sérieux par les Granbretons, mais c'est sans compter la ténacité de Méliadus, qui lui, y voit un moyen de récupérer Hawkmoon, et se met donc à sa recherche.
Dorian et Huillam d'Averc se rendent alors à Londra pour savoir s'ils peuvent trouver ce sorcier avant les Granbretons, et en savoir un peu plus sur cette science du voyage entre les différentes dimensions. Au service du Bâton Runique, Hawkmoon ne pourra pas rentrer de sitôt en Kamarg, ses aventures l'entraîneront jusqu'en Amarekh où il devra récupérer (encore) un artefact.
Troisième tome de la saga des Runes, cet opus est largement meilleur que le deuxième, même si la Fantasy de Moorcock reste caricaturale. Une lecture divertissante, qui manque cependant de profondeur, les événements s'enchaînent un peu trop rapidement et laissent peu de temps au lecteur d'entrer dans l'action et de s'approprier l'histoire. Le français Huillam D'Averc ajoute cependant une note d'humour, et une fraîcheur absentes dans le tome précédent. 
Pour l'instant, cette série n'est pas pour moi la meilleure de Michaël Moorcock. Si l'on veut véritablement profiter du monde et s'imprégner de la folie granbretonne, autant faire une partie de jeu de rôle.

4 juillet 2014

La légende de Hawkmoon, Le Dieu Fou - Michaël Moorcock

Éditeur : Presses Pocket (Fantasy)
Date de sortie : 2005

Résumé :
Le comte Airain a perdu le désir de vivre. Sa fille, la douce Ysselda, a été enlevée et livrée au Dieu fou. Dorian Hawkmoon, le fiancé de la belle, guerroie au loin contre les Granbretons. C'est pourtant lui qui, sur le chemin du retour, rencontre les adorateurs du Dieu fou. Ces gladiateurs nus, luisants et drogués, se reconnaissent à leur rire sauvage, pareil à celui de tous les damnés de l'enfer. Ils n'ont qu'un plaisir : détruire. Seul Hawkmoon pourra libérer Ysselda et anéantir le Dieu fou. Mais à quel prix ?

Mon avis :
En route pour retrouver son aimée en Kamarg, Dorian Hawkmoon apprend que celle-ci a été enlevée par le Dieu Fou. Il décide alors de partir à sa recherche. Passé la nostalgie avec le tome 1 qui est une lecture plutôt plaisante, ce tome se révèle un poil décevant. Les actions sont quelques fois tirées par les cheveux, et Hawkmoon est bien sûr toujours le héros approprié et attendu. Peut-être trop. Il rentre alors dans le cliché du héros Fantasy. Ses réactions face au Guerrier d'Or et de Jais, qui est pourtant toujours là pour apporter son aide, sont parfois incompréhensibles, voire paranoïaques (tout le monde lui en veut, et tente de lui mettre des bâtons dans les roues). Les aventures sont un peu trop simplistes, et l'histoire, bien que courte, est assez ennuyeuse.
Passage obligé si on veut lire la saga, mais à lire très vite. J'espère que le troisième tome sera, lui, à la hauteur de mes attentes.


21 mai 2014

La légende de Hawkmoon, Le joyau noir - Michaël Moorcock

Éditeur : Presses Pocket (Science-Fiction)
Date de sortie : 1988

Résumé :
Une nuit d'horreur s'abat sur Köln. Les armées du Ténébreux Empire viennent de s'emparer de la ville. Les petits garçons sont crucifiés, les petites filles pendues. On force les gens, pour sauver leur vie, à se livrer en public à des exhibitions infâmes Ils deviennent cadavres ou soldats. De toute façon, ils obéiront à la sinistre devise : " Mort à la vie. " Dorian Hawkmoon reste prostré dans sa prison. Après tout ce qu'il a enduré, il n'éprouve plus aucune émotion. Il a oublié le supplice infligé à son père, le vieux duc de Köln Une partie de son esprit est morte. Il ne désire plus rien. Alors le noir baron Meliadus, hiérarque de l'Empire, trouve un moyen de le manipuler quand même. Une machine le caresse, le pénètre, il soupire. Un objet s'incruste dans son front : le joyau Noir, souple comme la chair, irradiant une chaleur anormale. C'est une torture inédite, un piège incroyablement pervers, une malédiction inconnue qui désormais le poursuit. Jusqu'à sa mort ?


Mon avis :
Dans ce premier tome, le lecteur fait connaissance avec Dorian Hawkmoon, duc de Köln, qui en essayant de s'opposer aux armées de l'empire de Grandbretanne est fait prisonnier et ramené par le baron Méliadus dans les geôles de Londra. Alors que la survie de Dorian semble quelque peu compromise, le baron échafaude un plan visant à enlever la femme dont il est épris, Ysselda, et ainsi à profiter des connaissances militaires de son père le comte Airain. Le prisonnier va donc être mis à contribution pour exécuter ce plan, et pour garantir sa loyauté, Méliadus fait insérer sur son front une étrange pierre.
Moorcock nous décrit ici un monde envahi par la Grandbretanne, nation perverse et cruelle gouvernée par un étrange empereur, et à laquelle personne n'ose se confronter. Cet Empire Ténébreux riche de magie et de technologie fait régner la terreur et n'a pour but que l'expansion et la domination. Des héros vont pourtant se dresser contre lui dans le but de rétablir la balance.
Plus de dix ans que je n'avais pas lu de Moorcock, et je me souviens que son écriture, pourtant agréable, me laissait un sentiment bizarre, trop d'emphase, trop de descriptions qui me semblaient inutiles. Erekosë m'avait tapé sur les nerfs alors que j'étais partie de mon plein gré sur les routes avec Corum. Je dois dire que je retrouve l'incarnation du Champion Eternel, ici Dorian Hawkmoon, avec une certaine joie et je redécouvre l'œuvre de Moorcock. Sans que ce livre soit un chef-d'œuvre, il fait partie pour moi des classiques de la SF avec un univers riche et des personnages attachants.

Les voies d'Anubis - Tim Powers

Éditeur : J'ai Lu (Science-Fiction)
Date de sortie : 2003

Résumé :
Lorsque le professeur Brendan Doyle accepte de donner une conférence sur le poète anglais Coleridge, il est loin d'imaginer qu'il ne va pas tarder à le rencontrer en personne... en 1810 ! Car après avoir accepté l'offre d'un millionnaire ayant percé les mystères du voyage dans le temps, le voilà plongé dans une aventure rocambolesque traversant un Londres peuplé de bohémiens, de mendiants douteux et de sorciers terrifiants, tel ce clown macabre qui règne sur le monde souterrain. Et pour couronner le tout, Doyle ne peut revenir à son époque, à moins de déjouer les plans malfaisants des mages égyptiens qui veulent ramener leurs anciens dieux à la vie. Mais osera-t-il prendre le risque de changer le cours de l'Histoire ? 


Mon avis :
Un livre extrêmement dense au niveau de l'intrigue, beaucoup d'allers et retours dans le temps, de personnages, et il est parfois difficile de s'y retrouver parmi toutes les péripéties. En effet, Brendan Doyle, qui vient de l'année 1983, est engagé par un milliardaire, M. Darrow, en tant que spécialiste de la période et accompagnateur pour un voyage dans le Londres de 1810. Mais au cours de cette nuit, Doyle se fait kidnapper par le Dr Romany, Ka du sorcier Romanelli, lui-même serviteur d'un obscur maître issu de l'ancienne Egypte.
Il se retrouve alors ligoté et torturé, le Dr Romany essayant d'en savoir plus sur la brèche temporelle empruntée, et les connaissances de notre infortuné héros en matière de sorcellerie. Mais Brendan Doyle arrive à s'échapper, bien trop tard pour retrouver ses compagnons et revenir dans son présent. Il va ainsi faire la douloureuse expérience de la survie dans ce Londres qui lui est inconnu, sans argent et sans amis. Avec à ses trousses toute une cohorte de personnages tous plus dangereux les uns que les autres et pour seul espoir de retour un certain William Ashbless, poète dont il est le biographe.
Un très bon livre plein de rebondissements et d'actions, qui fourmille d'événements et de personnages tous reliés les uns aux autres, et il faut parfois s'accrocher pour saisir toute la trame de l'histoire. L'auteur nous livre un roman bien ficelé, qui ne laisse que très peu de temps morts au lecteur, et qui le pousse à la réflexion tant les fils de l'histoire s'entremêlent pour former une oeuvre complexe. Ce livre m'a en fait donné l'impression d'avoir lu en même temps "American Gods" et "Neverwhere" de Neil Gaiman, avec une histoire encore plus tordue et réfléchie.

18 avril 2014

Coeurs de rouille - Justine Niogret

Éditeur : Le Pré aux Clercs (Pandore)
Date de sortie : 2013

Résumé :
Des robots traqués, jadis fidèles serviteurs. Des machines brisées, un mausolée de fer dans ce qui était auparavant la cité du ciel. Et partout flotte l'odeur de chair pétrifiée, car un tueur mécanique écorche les vivants pour voler leur peau. Saxe survit en travaillant sur les golems actionnés par magie. Dresde est une automate qui n'a connu que le luxe avant que son maître l'abandonne. Tout les sépare, et pourtant ils vont partager un rêve commun : s'enfuir de la forteresse volante. Une course peut-être sans espoir : retrouver la mythique porte ouvrant sur la liberté.


Mon avis :
La magie utilisée pour la fabrication des automates est depuis longtemps un savoir perdu, et l'usine qui emploie Saxe ne donne plus que dans la réparation d'agolem, robots serviteurs tout juste bons à éviter aux riches les basses besognes. Lui, qui rêvait de fabriquer et animer ces machines, décide alors de fuir ce travail et sa vie pleine de désillusions et de frustrations pour voir le soleil. Alors qu'il pénètre dans le quartier des artistes, aujourd'hui abandonné, il est assommé par Dresde, l'un des derniers golems encore en état de marche qui attend depuis de nombreuses années le retour de son propriétaire et veille sur les maisons. Ils vont ensemble essayer de découvrir l'histoire de la ville et plonger dans les secrets enfouis par l'homme depuis des années jusqu'à trouver la porte. Mais dans l'ombre, Pue-la-Viande un effrayant golem, a pris possession des restes de la ville et se lance à la poursuite de Saxe et Dresde afin de les empêcher d'atteindre leur but, quitte à les tuer.
L'univers est assez original et ne dépareille pas des autres livres écrits par Justine Niogret. L'écriture est sombre, et le monde toujours aussi brutal et cruel et l'on est étonné de s'attacher à un personnage tel que Dresde, quasi dénué de sentiments. Malgré quelques scènes un peu confuses, "Coeurs de rouille" reste un très bon livre, fidèle à son auteure et empreint d'une certaine poésie, noire certes, mais qui nous amènera peu à peu vers la lumière. Je n'ai cependant pas réussi à retrouver ce qui m'avait tant plu dans "Mordre le bouclier", et même si c'est une lecture agréable, je conserve un sentiment mitigé.

16 avril 2014

La nostalgie de l'ange - Alice Sebold

Éditeur : Nil Editions
Date de sortie : 2003


Résumé :
Nom de famille : Salmon (saumon, comme le poisson) ; prénom : Susie. Assassinée à l'âge de quatorze ans, le 6 décembre 1973... Susie est au Paradis. Elle vient d'être violée et assassinée. Or, son aventure ne fait que commencer. Depuis le Ciel, elle observe avec tendresse et ironie ceux qui restent et se déchirent autour de sa mort : son meurtrier et le policier chargé de l'enquête, sa mère qui fuit au loin ou son père anéanti, sa soeur chérie qui découvre l'amour ou encore l'adolescent avec qui Susie n'a pu qu'échanger un premier baiser...


Mon avis :
Ce n'est pas le genre de livre que je lis en général, mais après avoir vu et apprécié le film (Lovely Bones) de Peter Jackson, je me suis demandée si c'était une bonne adaptation, j'ai donc décidé de le lire. Ce roman qui flirt gentiment avec le fantastique a pour principal personnage Susie, violée et assassinée alors qu'elle rentre chez elle un soir de décembre. Celle-ci a du mal à partir et à laisser derrière elle famille, amis, et surtout une vie inachevée dans laquelle elle a à peine eu le temps de connaître les premiers émois d'une vie de femme. 
Ce livre nous offre la vision originale d'une ado de quatorze ans sur un sujet assez lourd, à savoir la perte violente d'un enfant, et du point de vue de la personne disparue. 
C'est un roman très émouvant dans lequel nous rentrons dans l'intimité d'une famille qui cherche à se reconstruire et à retrouver un équilibre, entre culpabilité et déni, toujours sous le regard ému et aimant de Susie qui aimerait parfois réconforter ou aider, mais qui reste la spectatrice silencieuse de cet éclatement où chaque membre de la famille essaie de continuer à vivre et à faire face chacun à sa manière.
J'ai beaucoup aimé ce livre en dépit de quelques passages assez durs. De plus, le fait que ce soit Susie, jeune fille délurée et à peine sortie de l'enfance, qui raconte, donne au récit un côté léger et tendre qui permet justement de ne pas tomber dans le pathos.

27 février 2014

Même pas mort, Rois du Monde Tome 1 - Jean-Philippe Jaworski

Éditeur : Les Moutons Electriques
Date de sortie : 22 Août 2013

Résumé :
Je m’appelle Bellovèse, fils de Sacrovèse, fils de Belinos. Pendant la Guerre des Sangliers, mon oncle Ambigat a tué mon père. Entre beaux-frères, ce sont des choses qui arrivent. Surtout quand il s’agit de rois de tribus rivales… Ma mère, mon frère et moi, nous avons été exilés au fond du royaume biturige. Parce que nous étions de son sang, parce qu’il n’est guère glorieux de tuer des enfants, Ambigat nous a épargnés.
Là-dessus, le temps a suivi son cours. Nous avons grandi. Alors mon oncle s’est souvenu de nous. Il a voulu régler ce vieux problème : mon frère et moi, il nous a envoyés guerroyer contre les Ambrones. Il misait sur notre témérité et notre inexpérience, ainsi que sur la vaillance des Ambrones. Il avait raison : dès le début des combats, nous nous sommes jetés au milieu du péril. Comme prévu, je suis tombé dans un fourré de lances. Mais il est arrivé un accident. Je ne suis pas mort.

Mon avis :
Un livre très très attendu que je n'ai pas lu tout de suite après son acquisition par peur de la déception. Quand je commence, j'ai une appréhension, et s'il n'était pas à la hauteur de "Gagner la guerre"?
Mais très vite ces doutes se dissipent, et "Même pas mort" commence fort.
En effet, la mort a refusé Bellovèse, mais il ne fait plus parti du royaume des vivants non plus, il doit donc se rendre sur l'île des Vieilles et rencontrer les Gallicènes afin qu'elles lèvent l'ambigüité, ainsi l'a décrété Comrunos le grand druide.
Jaworski nous fait alors découvrir l'enfance de Bellovèse, aux côtés d'une mère rancunière et revancharde qui a du mal à accepter sa nouvelle situation d'exilée, mais qui essaie malgré tout de conserver les apparences. Durant ces années, Bellovèse et son frère apprennent à vivre au milieu des légendes et à craindre les nombreux personnages qui les peuplent, en espérant un jour devenir des guerriers dignes de ce nom. Jusqu'au jour où leur mentor, Sumarios, vient les chercher pour qu'ils puissent enfin goûter aux "joies" de la guerre et à l'univers des hommes.
Ce récit extrêmement documenté prend place dans un territoire encore morcelé par les différents peuples "barbares", où alliances et guerres de conquête se succèdent, et dans lequel superstitions et traditions magiques sont encore craintes et suivies. Un contexte historique que l'on trouve très rarement dans les livres en général, et cette originalité fait du bien, et éveille la curiosité.
Un très beau livre, qui me fait dire que la plume de Jaworski est pour moi l'une des plus belles en France actuellement.
J'ai vraiment hâte de lire la suite!

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