11 août 2014

Le maître du Haut Château - Philip K. Dick

Éditeur : J'ai Lu
Date de sortie : 2001

Résumé :
En 1947 avait eu lieu la capitulation des alliés devant les forces de l'axe. Cependant que Hitler avait imposé la tyrannie nazie à l'est des Etats-Unis, l'ouest avait été attribué aux japonais.
Quelques années plus tard la vie avait repris son cours normal dans la zone occupée par les nippons. Ils avaient apporté avec eux l'usage du Yi-King, le livre des transformations du célèbre oracle chinois dont l'origine se perd dans la nuit des temps. Pourtant, dans cette nouvelle civilisation une rumeur étrange vint à circuler. Un homme vivant dans un haut château, un écrivain de science-fiction, aurait écrit un ouvrage racontant la victoire des alliés en 1945... 

Mon avis :
Dans ce roman, on suit plusieurs personnages qui ne se rencontrent jamais, mais qui ont plus ou moins de liens. Childan tient une boutique pour les collectionneurs japonais, en effet, après la victoire de l'Allemagne Nazie, la culture américaine a été pratiquement effacée, et les objets témoins de cette histoire révolue constituent des oeuvres de choix pour la riche clientèle japonaise. C'est ainsi que l'on fait la connaissance de M. Tagomi, qui cherche un cadeau pour un mystérieux personnage qu'il doit rencontrer. On suit ensuite Frank, ouvrier juif qui vient de se faire licencier, son ex-femme Julianna, et bien sûr, "le suédois" qui doit collaborer avec M. Tagomi. Toutes ces personnes ont en commun les livres, le Yi King ou Livre des transformation en premier lieu, qui est un livre de divination et les aide à faire des choix, prendre des décisions ou comprendre les situations, et Le poids de la Sauterelle, qui décrit le monde tel qu'il aurait pu être si l'Allemagne avait perdue la guerre, roman interdit de par l'histoire qu'il raconte et intrigant à cause de son auteur. 
Pour être franche, je n'ai pas beaucoup apprécié "Le maître du Haut Château", et je pense que je suis passée à côté de ce que voulais me dire l'auteur. Beaucoup d'incompréhension, et j'ai trouvé les personnages très froids, dans l'introspection. Même si la projection dans un monde dirigée par les Nazis a été un peu douloureuse, j'ai trouvé l'idée intéressante, mais pour ce qui est des personnages et de leur vie, je n'ai pas réussi à être captivée. Ma lecture a été à l'image de ces hommes et femmes, cynique et détachée, j'attendais la fin.

28 juillet 2014

Enterre mon coeur à Wounded Knee - Dee Brown

Éditeur : Albin Michel
Date de sortie : 2009

Résumé :
"Plus de deux cents cultures indiennes ont été virtuellement détruites, entre le Massachusetts et la Californie, au cours de l’histoire des Etats-Unis. Il nous faut nous souvenir de ce qui s’est passé à Sand Creek ou à Wounded Knee." Jim Harrison

Largement fondé sur des documents inédits – archives militaires et gouvernementales, procès-verbaux des traités, récits de première main… –, ce document exceptionnel retrace, de 1860 à 1890, les étapes qui ont déterminé "La Conquête de l’Ouest". De la Longue Marche des Navajos au massacre de Wounded Knee, il se fait ici la chronique de la dépossession des Indiens de leurs terres, leur liberté, au nom de l’expansion américaine. Si l’Histoire a souvent été écrite du point de vue des vainqueurs, Enterre mon coeur donne la parole aux vaincus, de Cochise à Crazy Horse, de Sitting Bull à Geronimo, et compose un chant tragique et inoubliable. Publié pour la première fois en 1970 aux États-Unis, traduit dans le monde entier, où il s’est vendu à plus de six millions d’exemplaires, Enterre mon cœur à Wounded Knee est devenu un classique. La présente édition, totalement remaniée, a fait l’objet d’une nouvelle traduction.


Mon avis :
Un livre poignant dans lequel le lecteur se fait le témoin silencieux du massacre des Indiens. Où l'on voit de quoi est capable l'être humain pour la possession et l'argent, quitte à exterminer des peuples qui se voulaient pacifiques ainsi que leur nourriture (le massacre des bisons avait aussi pour but, outre la peau de l'animal, d'accélérer l'extinction des tribus). Les indiens n'étant pas considérés comme des américains, et encore moins comme des personnes (légalement), l'état américain en a profité pour prendre la plupart de leurs terres cultivables, celles sur lesquelles on pouvait trouver de l'or, ou d'autres minerais susceptible de rapporter de l'argent. De plus, nous apprenons que la corruption et les trafics juteux qui faisaient partie du fonctionnement des réserves n'encourageaient pas à l'amélioration des conditions de vie des Indiens, bien au contraire, et encore moins au respect des traités, remaniés et bafoués très allègrement par le Gouvernement.
Cette autre version de la "Conquête de l'Ouest" donne enfin la parole à tous ces Chefs indiens et à leurs peuples, à leurs guerriers, leurs femmes et leurs enfants, massacrés, volés, emmenés en esclavage pour que l'homme blanc puisse exploiter le territoire américain. Et nous fait découvrir comment les indiens ont longtemps été considérés comme des êtres sanguinaires et sans pitié, des êtres trop dangereux, à l'instar des bêtes sauvages, pour être laissés libres dans la nature. Cela dans un seul but, le vol pur et simple de leur terre natale et de ses ressources.

22 juillet 2014

La légende de Hawkmoon, L'épée de l'Aurore - Michaël Moorcock

Éditeur : Presses Pocket (Fantasy)
Date de sortie : 2005

Résumé :
Les hordes noires du Ténébreux Empire de Granbretanne ont balayé l'Europe. Seul le peuple de Kamarg a pu se réfugier dans une autre dimension grâce au pouvoir de l'antique machine du Peuple des Ombres. Dorian Hawkmoon et Huillam d'Averc partent sans hésiter pour Londra, au coeur du pays ennemi couvert de sang. Ils doivent comprendre ce que trament les savants du Roi-Empereur. Mais un grand danger les attend : la buveuse de sang, l'Epée de l'Aurore qui rend les morts à la vie...

Résumé :
La Kamarg et son peuple réfugiés dans une autre dimension, Dorian Hawkmoon, le comte Airain et tout ce petit monde sont à présent hors de portée de Méliadus, Grand Connétable de l'Ordre du loup. Mais celui-ci n'a pour autant pas abandonné l'idée d'assouvir sa vengeance, et rêve de les voir tous morts ou réduits en esclavage.
Alors que Dorian tente de tromper son ennui (comme les autres du reste), il rencontre un personnage qui lui est inconnu, comment est-il arrivé là, et est-il à la solde des Grandbretons? Une chose est sûre, ils ne sont plus en sécurité. Cet homme est arrivé jusqu'à eux grâce à la science d'un sorcier, son histoire n'a pas été prise au sérieux par les Granbretons, mais c'est sans compter la ténacité de Méliadus, qui lui, y voit un moyen de récupérer Hawkmoon, et se met donc à sa recherche.
Dorian et Huillam d'Averc se rendent alors à Londra pour savoir s'ils peuvent trouver ce sorcier avant les Granbretons, et en savoir un peu plus sur cette science du voyage entre les différentes dimensions. Au service du Bâton Runique, Hawkmoon ne pourra pas rentrer de sitôt en Kamarg, ses aventures l'entraîneront jusqu'en Amarekh où il devra récupérer (encore) un artefact.
Troisième tome de la saga des Runes, cet opus est largement meilleur que le deuxième, même si la Fantasy de Moorcock reste caricaturale. Une lecture divertissante, qui manque cependant de profondeur, les événements s'enchaînent un peu trop rapidement et laissent peu de temps au lecteur d'entrer dans l'action et de s'approprier l'histoire. Le français Huillam D'Averc ajoute cependant une note d'humour, et une fraîcheur absentes dans le tome précédent. 
Pour l'instant, cette série n'est pas pour moi la meilleure de Michaël Moorcock. Si l'on veut véritablement profiter du monde et s'imprégner de la folie granbretonne, autant faire une partie de jeu de rôle.

4 juillet 2014

Paris 1900, la ville spectacle - Petit Palais


PARIS 1900, LA VILLE SPECTACLE




Une très belle expo que je conseille vivement, non seulement pour la découverte de Paris, de l'Exposition Universelle, mais également pour le foisonnement d'oeuvres qui peuplent nos livres d'histoire, et notre inconscient collectif, et celles moins connues mais tout aussi représentatives d'une époque, d'un art de vivre.





Cette exposition essaie de nous brosser le portrait d'une ville qui entre dans une ère de modernité, avec le Métropolitain, l'électricité (la Fée), les trottoirs roulants...Une ville qui s'ouvre aux arts tels que le cinéma avec les premiers films de Georges Méliès, père des trucages, et autres déguisements, ou la photographie.









Une salle est également consacrée aux toilettes et accessoires des belles de l'époque, et vous trouverez même une petite salle contenant des photos érotiques.
Partez vite à la découverte de Paris comme vous ne l'avez jamais vu, et comme vous ne la verrez plus jamais, les pavillons de l'Exposition Universelle ayant pour la plupart été démontés.



Le voyage dans la lune - Georges Méliès

La légende de Hawkmoon, Le Dieu Fou - Michaël Moorcock

Éditeur : Presses Pocket (Fantasy)
Date de sortie : 2005

Résumé :
Le comte Airain a perdu le désir de vivre. Sa fille, la douce Ysselda, a été enlevée et livrée au Dieu fou. Dorian Hawkmoon, le fiancé de la belle, guerroie au loin contre les Granbretons. C'est pourtant lui qui, sur le chemin du retour, rencontre les adorateurs du Dieu fou. Ces gladiateurs nus, luisants et drogués, se reconnaissent à leur rire sauvage, pareil à celui de tous les damnés de l'enfer. Ils n'ont qu'un plaisir : détruire. Seul Hawkmoon pourra libérer Ysselda et anéantir le Dieu fou. Mais à quel prix ?

Mon avis :
En route pour retrouver son aimée en Kamarg, Dorian Hawkmoon apprend que celle-ci a été enlevée par le Dieu Fou. Il décide alors de partir à sa recherche. Passé la nostalgie avec le tome 1 qui est une lecture plutôt plaisante, ce tome se révèle un poil décevant. Les actions sont quelques fois tirées par les cheveux, et Hawkmoon est bien sûr toujours le héros approprié et attendu. Peut-être trop. Il rentre alors dans le cliché du héros Fantasy. Ses réactions face au Guerrier d'Or et de Jais, qui est pourtant toujours là pour apporter son aide, sont parfois incompréhensibles, voire paranoïaques (tout le monde lui en veut, et tente de lui mettre des bâtons dans les roues). Les aventures sont un peu trop simplistes, et l'histoire, bien que courte, est assez ennuyeuse.
Passage obligé si on veut lire la saga, mais à lire très vite. J'espère que le troisième tome sera, lui, à la hauteur de mes attentes.


21 mai 2014

La légende de Hawkmoon, Le joyau noir - Michaël Moorcock

Éditeur : Presses Pocket (Science-Fiction)
Date de sortie : 1988

Résumé :
Une nuit d'horreur s'abat sur Köln. Les armées du Ténébreux Empire viennent de s'emparer de la ville. Les petits garçons sont crucifiés, les petites filles pendues. On force les gens, pour sauver leur vie, à se livrer en public à des exhibitions infâmes Ils deviennent cadavres ou soldats. De toute façon, ils obéiront à la sinistre devise : " Mort à la vie. " Dorian Hawkmoon reste prostré dans sa prison. Après tout ce qu'il a enduré, il n'éprouve plus aucune émotion. Il a oublié le supplice infligé à son père, le vieux duc de Köln Une partie de son esprit est morte. Il ne désire plus rien. Alors le noir baron Meliadus, hiérarque de l'Empire, trouve un moyen de le manipuler quand même. Une machine le caresse, le pénètre, il soupire. Un objet s'incruste dans son front : le joyau Noir, souple comme la chair, irradiant une chaleur anormale. C'est une torture inédite, un piège incroyablement pervers, une malédiction inconnue qui désormais le poursuit. Jusqu'à sa mort ?


Mon avis :
Dans ce premier tome, le lecteur fait connaissance avec Dorian Hawkmoon, duc de Köln, qui en essayant de s'opposer aux armées de l'empire de Grandbretanne est fait prisonnier et ramené par le baron Méliadus dans les geôles de Londra. Alors que la survie de Dorian semble quelque peu compromise, le baron échafaude un plan visant à enlever la femme dont il est épris, Ysselda, et ainsi à profiter des connaissances militaires de son père le comte Airain. Le prisonnier va donc être mis à contribution pour exécuter ce plan, et pour garantir sa loyauté, Méliadus fait insérer sur son front une étrange pierre.
Moorcock nous décrit ici un monde envahi par la Grandbretanne, nation perverse et cruelle gouvernée par un étrange empereur, et à laquelle personne n'ose se confronter. Cet Empire Ténébreux riche de magie et de technologie fait régner la terreur et n'a pour but que l'expansion et la domination. Des héros vont pourtant se dresser contre lui dans le but de rétablir la balance.
Plus de dix ans que je n'avais pas lu de Moorcock, et je me souviens que son écriture, pourtant agréable, me laissait un sentiment bizarre, trop d'emphase, trop de descriptions qui me semblaient inutiles. Erekosë m'avait tapé sur les nerfs alors que j'étais partie de mon plein gré sur les routes avec Corum. Je dois dire que je retrouve l'incarnation du Champion Eternel, ici Dorian Hawkmoon, avec une certaine joie et je redécouvre l'œuvre de Moorcock. Sans que ce livre soit un chef-d'œuvre, il fait partie pour moi des classiques de la SF avec un univers riche et des personnages attachants.

Les voies d'Anubis - Tim Powers

Éditeur : J'ai Lu (Science-Fiction)
Date de sortie : 2003

Résumé :
Lorsque le professeur Brendan Doyle accepte de donner une conférence sur le poète anglais Coleridge, il est loin d'imaginer qu'il ne va pas tarder à le rencontrer en personne... en 1810 ! Car après avoir accepté l'offre d'un millionnaire ayant percé les mystères du voyage dans le temps, le voilà plongé dans une aventure rocambolesque traversant un Londres peuplé de bohémiens, de mendiants douteux et de sorciers terrifiants, tel ce clown macabre qui règne sur le monde souterrain. Et pour couronner le tout, Doyle ne peut revenir à son époque, à moins de déjouer les plans malfaisants des mages égyptiens qui veulent ramener leurs anciens dieux à la vie. Mais osera-t-il prendre le risque de changer le cours de l'Histoire ? 


Mon avis :
Un livre extrêmement dense au niveau de l'intrigue, beaucoup d'allers et retours dans le temps, de personnages, et il est parfois difficile de s'y retrouver parmi toutes les péripéties. En effet, Brendan Doyle, qui vient de l'année 1983, est engagé par un milliardaire, M. Darrow, en tant que spécialiste de la période et accompagnateur pour un voyage dans le Londres de 1810. Mais au cours de cette nuit, Doyle se fait kidnapper par le Dr Romany, Ka du sorcier Romanelli, lui-même serviteur d'un obscur maître issu de l'ancienne Egypte.
Il se retrouve alors ligoté et torturé, le Dr Romany essayant d'en savoir plus sur la brèche temporelle empruntée, et les connaissances de notre infortuné héros en matière de sorcellerie. Mais Brendan Doyle arrive à s'échapper, bien trop tard pour retrouver ses compagnons et revenir dans son présent. Il va ainsi faire la douloureuse expérience de la survie dans ce Londres qui lui est inconnu, sans argent et sans amis. Avec à ses trousses toute une cohorte de personnages tous plus dangereux les uns que les autres et pour seul espoir de retour un certain William Ashbless, poète dont il est le biographe.
Un très bon livre plein de rebondissements et d'actions, qui fourmille d'événements et de personnages tous reliés les uns aux autres, et il faut parfois s'accrocher pour saisir toute la trame de l'histoire. L'auteur nous livre un roman bien ficelé, qui ne laisse que très peu de temps morts au lecteur, et qui le pousse à la réflexion tant les fils de l'histoire s'entremêlent pour former une oeuvre complexe. Ce livre m'a en fait donné l'impression d'avoir lu en même temps "American Gods" et "Neverwhere" de Neil Gaiman, avec une histoire encore plus tordue et réfléchie.
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