12 août 2013

Paradis 05-40 - Charles Dellestable

Éditeur : J.C Lattes
Date de sortie : 2013

Résumé :
Maurice a la mémoire qui défaille. Les souvenirs se désagrègent, les mots ne répondent plus, le passé s’éteint. Alors, Maurice préfère se taire. Nathalie est auxiliaire de vie. Des rondeurs appétissantes dans une tenue d’Audrey Hepburn, elle s'apprête à devenir une criminelle. Et rien ne la fera changer d’avis. 
Entre Maurice et Nathalie, daté de 1940, un journal : celui de Diane, abeille vive et joyeuse de dix-sept ans quand Maurice, son frère, n’était qu’un petit frelon de dix ans. Dans la solitude de leur grande maison, Le Paradis, les jours s’égrènent avec la lenteur d’une drôle de guerre qui n’est pas si drôle. Le père a été mobilisé, la mère se tue à l’attendre, et les deux enfants s’ennuient, s’inventent et se racontent pour faire passer le temps… Au mois de mai, enfin, l'irruption de quatre Parisiens jetés sur la route de l'exode va chambouler l’ordre tranquille du Paradis. 

Dans les ruines de la mémoire de Maurice, comme dans les murs délabrés de la maison, se cache le souvenir d’un moment hors du temps, rayon de soleil volé à une époque grise. Ces quatre cabotins parviendront-ils à faire revivre leParadis perdu ?


Mon avis :
L'histoire émouvante d'un vieillard, qui voit sa mémoire disparaître, et qui ne veut plus user sa parole, juste écrire pour se souvenir. Et d'une auxiliaire de vie, qui tente donc de faire parler Maurice, use de stratagèmes, jusqu'à lui faire raconter par le biais d'un journal, une période de sa vie, entre guerre et frivolité. C'est l'histoire d'une famille qui, le temps d'un souffle, et grâce à quatre personnalités attachantes, amusantes et qui partagent un secret, parvient à "oublier" que c'est la guerre, et que le père est sur le front.

Une très jolie lecture donc, qui n'est pas lourde en dépit du contexte, et se lit rapidement. J'ai aimé aussi le fait que les moyens modernes de communications soient employés par les personnages de manière à faire avancer l'histoire, et dans un but de partage.


Et merci VendrediLecture pour cette découverte!

Le pays d'octobre - Ray Bradbury

Éditeur : Denoël - Collection Présence du Futur
Date de sortie : 1957

Résumé :
Le Pays d'Octobre... Ce pays de brouillard, de brume, composé essentiellement de caves, de cryptes sous les caves, de soutes à charbon, de cabinets, de mansardes, de placards et d'offices tournés à l'opposé du soleil... C'est vers cette destination multiple, fantastique et poétique que vous invite Ray Bradbury, pour découvrir les gens d'automne et leurs secrets.

"...Ce pays où l'on va toujours vers l'arrière-saison. Ce pays où les collines sont de brouillard et où les rivières sont de brumes, où les midis disparaissent vite, où l'ombre et les crépuscules s'attardent, où les minuits demeurent. Ce pays essentiellement composés de caves, de cryptes sous les caves, de soutes à charbon, de cabinets, de mansardes, de placards et d'offices tournés à l'opposé du soleil. Ce pays dont les gens sont gens d'automne, ne pensent que des pensées automnales. Dont les habitants, quand ils passent la nuit dans les avenues vides, y font un bruit qui évoque la pluie..."

Mon Avis :
Un recueil de nouvelles très inégales. J'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans l'univers de l'auteur, pourtant riche en mystères, et on peut dire que celui-ci sait composer des ambiances. Jusqu'à découvrir cette nouvelle "Le petit assassin", véritablement effrayante, il y a longtemps d'ailleurs que je n'avais pas lu un récit aussi impressionnant. Et puis la lecture a été plus facile, comme si j'avais enfin compris, ou appréhendé le monde que cherchait à me faire découvrir l'auteur. Un monde où tout est possible, mais tellement ancré dans une certaine réalité. Où les morts sont fauchés comme des épis de blés, les êtres surnaturels font des réunions de famille, et où lorsqu'on atteint une certaine température, on peut s'attendre à avoir des envies de meurtres.


Merci au club "Présence d'esprits" de m'avoir permis de gagner ce livre lors de la loterie Interstellaire !

1 juillet 2013

Récit des Voyages (1577-1596) - Francis Drake

Éditeur : Cartouche
Date de sortie : 2009

Résumé :
Francis Drake a 15 ans lorsqu'il est bombardé capitaine de vaisseau. Quelques années après ces précoces responsabilités, entre 1577 et 1580, il prend la tête d'une expédition de cinq navires destinée à entreprendre un voyage autour du monde. Au cours de son périple, il pille les colonies espagnoles de l'Amérique, lance des abordages contre des bateaux portugais et espagnols, essuie des tempêtes, triomphe de mutineries, ouvre un nouveau passage au sud de la Terre de Feu, conquiert la future Californie (qu'il baptise Nouvelle Albion), explore des terres jusque-là inconnues, s'adonne au commerce des esclaves, s'enrichit beaucoup, est blessé au visage en combattant les Indiens Mapuches sur l'île de Mocha, au large du Chili... 

Bref, sa vie est une aventure qui ne semble pas devoir connaître de temps mort. Devenu une légende des mers, il est fait chevalier par la reine Elisabeth 1ére d'Angleterre à son retour, et demeure l'un des plus fabuleux flibustiers de l'histoire.

Mon avis :
Ce livre est un journal de bord, et non un roman, l'auteur n'y met donc pas les formes mais essaie de décrire, aussi fidèlement que possible, les aventures, rencontres et découvertes faites lors de ce voyage.
J'ai trouvé la première partie un peu ennuyeuse, c'est une description assez sommaire du voyage vers l'Amérique du Sud, passage du Cap Horn et la remontée vers le nord, en suivant les côtes. Il en profite au passage pour piller quelques villes et villages, mettre à mal la flotte espagnole, et prendre possession de la Californie.
La deuxième partie du récit , pour moi plus intéressante, relate les rencontres de l'équipage avec différents peuples, les coutumes, l'habillement. En effet, Francis Drake décide de ne pas repartir en sens inverse, mais de continuer vers l'Ouest et de rejoindre l'Angleterre par l'Océan Indien (il fera ainsi un tour du monde).
Une lecture très intéressante, mais juste une description, une sorte d'inventaire, que j'ai cependant appréciée. J'ai regretté de ne pas avoir eu lors de ma lecture un planisphère près de moi afin de pouvoir suivre l'itinéraire de la flotte de Drake.

Pour aller plus loin dans l'aventure j'ai quand même consulté la page Wikipédia de Francis Drake.

1Q84 Livres 1, 2 et 3 - Haruki Murakami

Éditeur : 10/18
Date de sortie : 2012





Résumé :
1 - Entre l'an 1984 et le monde hypnotique de 1Q84, les ombres se reflètent et se confondent. Unies par un pacte secret, les existences de Tengo et d'Aomamé sont mystérieusement nouées au seuil de deux univers, de deux ères... Une odyssée initiatique qui embrasse fantastique, thriller et roman d'amour, composant l'oeuvre la plus ambitieuse de Murakami.


2 - Le monde 1Q84 a été révélé. Miroir d'un univers à la dérive ou promesse d'un présent recomposé hors des ténèbres, il déploie ses brumes oniriques et ses deux lunes. Autour de lui, Tengo et Aomamé gravitent, voués à leur destin. Le chef-d'oeuvre de Murakami découvre la vérité humaine à la frontière des mirages.

3Sous le double scintillement de 1Q84, le temps s'accélère et les vérités se confondent. La voix du détective Ushikawa s'invite, oscillant entre révélation et menace, sur la trace d'Aomamé et Tengo. D'un reflet à l'autre, dans la clairvoyance hypnotique de ce troisième volet, le passé s'apprête à livrer son chaos au seuil d'un nouveau rêve...

Mon avis :
Curieuse de découvrir ce roman dont tout le monde parle, je me jette à corps perdu dans sa lecture, et là, la petite pointe de déception montre le bout de son nez. Des lenteurs, beaucoup de répétitions, et de passages qui me semblent superflus, cependant, la magie opère. Et bien que la lecture s'avère parfois laborieuse, je veux connaître la suite. Il faut dire que ce roman me plonge à moitié dans mon enfance. Alors je ne peux pas dire que j'ai adoré ces livres, mais Murakami arrive malgré tout à me transporter dans son imaginaire, parfois désenchanté. J'attends de connaître la fin de l'histoire pour me forger un avis complet, Tengo et Aomamé sont des personnages atypiques et touchants, tous deux en attente d'un amour véritable, et j'ai hâte de savoir ce qu'il va advenir d'eux.

Le tome 3 me tombe donc dans les mains, et lorsque je le referme, je me demande si un tome 4 est en route pour nous dévoiler quelques mystères soulevés dans les précédents tomes, ou si Haruki Murakami va nous laisser là, ivre (jusqu'à l'écoeurement) de cette histoire d'amour entre Aomamé et Tengo (il faut souligner au passage que les histoires d'amour m'ennuient, sauf exceptions).
Pas de livre 4 en prévision, je suis donc déçue, et reste sur ma faim, certes, les personnages sont intéressants, avec leurs fêlures, et leurs histoires. De plus, l'arrivée du détective ajoute une petite touche très appréciable, ce personnage moche, mais néanmoins très brillant dans son domaine aurait (à mon sens) mérité un sort plus enviable. Mais l'auteur a décidé de se focaliser sur ses personnages principaux, d'où une fin attendue, et des questions qui restent en suspens.
Et les Little People, la secte, la vieille dame...? Et bien rien, en tout cas, rien de ce que j'attendais.

10 juin 2013

L'île de Tôkyô - Natsuo Kirino

Éditeur : Seuil (Roman)
Date de sortie : 2013

Résumé :
Une vingtaine de naufragés japonais se sont réfugiés sur une île au large des Philippines. Kiyoko - la seule femme présente - y est arrivée la première, avec son mari (mais il a disparu, tombé du haut du cap Sayonara, avant même le début du livre). Bientôt une dizaine de Chinois les rejoignent, qui se révèlent aussitôt industrieux et inventifs, créant une économie de survie à partir de presque rien, là où les Japonais gaspillent leur énergie en artisanat décoratif et vaines activités. Bien qu'âgée de 46 ans déjà, Kiyoko est l'objet de toutes les convoitises, et fait figure de femme fatale car tous ses maris successifs sont assassinés.
La rivalité qui oppose les deux clans, chinois et japonais, n'est pas seulement économique... Les insulaires mènent une vie sauvage et primitive et leurs rapports se dégradent au fil du temps, tandis que parallèlement, la personnalité de Kiyoko devient de plus en plus agressive et dominante.

Une vision très cruelle de la violence des rapports humains et de la sexualité s'exprime ici, de manière intemporelle.


Mon avis :
J'ai beaucoup aimé ce livre, l'histoire est assez originale, bien que parfois, elle se rapproche un peu de la série Lost (un naufrage, une île, des personnes qui essaient de survivre...c'est difficile de ne pas voir de similitudes). Mais dans ce livre, contrairement à la série, les personnages sont traités de manière crue, certaines scènes sont assez violentes, et on sent bien la folie ambiante. Il y a beaucoup de naufragés, et parfois, j'ai eu du mal à me rappeler de certains, d'autant plus que l'auteure n'en détaille que quelques-uns, peut-être les plus importants.

On a ici comme un concentré de la société japonaise, un portrait peu flatteur dont les défauts sont exacerbés par le fait que les naufragés sont sur une île déserte, et n'ont plus à cacher leurs déviances, et à faire "bonne figure" au sein d'une société.

3 juin 2013

Les bébés de la consigne automatique - Ryû Murakami

Éditeur : Picquier Poche
Date de sortie : 1998

Résumé : 
Hashi et Kiku, deux bébés abandonnés dans une consigne de la gare, passent leur petite enfance dans un orphelinat. La recherche de leur identité les entraînera dans les bas-fonds de Tokyo, où Hashi se prostitue avant de devenir un chanteur de rock-acidulé, tandis que Kiku, champion de saut à la perche, se retrouve en prison pour matricide.
Le roman suit en parallèle les destins des deux frères, décrivant le mécanisme qui les pousse à revivre sans cesse le traumatisme de leur enfance, racontant comment ces enfants purs et attachants passent du statut de victimes à celui de bourreaux. [...] Mais les héros de Murakami, descendants de Nimier, Salinger ou Fitzgerald, ne se suicident plus, ils assassinent.




Mon avis :
Un livre vraiment étrange (je m'y attendais un peu), qui m'a mise mal à l'aise quelquefois, comme si je tombais dans un nid de sociopathes. D'être la spectatrice de la construction de deux "frères" très différents, avec un lourd passif, mais qui se rejoignent dans leur manière dissociée d'appréhender la vie, les relations avec les autres.
C'est une vision tellement cruelle, sanglante, et brutale, que même les beaux sentiments n'y résistent pas (sauf s'ils sont nés dans la douleur). Malgré toute cette débauche, on aime suivre la descente aux enfers de ces deux enfants qui ont chacun à leur manière survécu à une consigne automatique. Et qui nous laissent avec une impression de fine pellicule de graisse sur la peau…

30 mai 2013

Neverwhere - Neil Gaiman

Éditeur : J'ai Lu (Fantastique)
Date de sortie : 2011

Résumé :
Londres, un soir comme tant d'autres. Richard Mayhew découvre une jeune fille gisant sur le trottoir, l'épaule ensanglantée. Qui le supplie de ne pas l'emmener à l'hôpital... Et disparaît dès le lendemain. Pour Richard, tout dérape alors : sa fiancée le quitte, on ne le connaît plus au bureau, certains, même, ne le voient plus... Le monde à l'envers, en quelque sorte.
Car il semblerait que Londres ait un envers, la "ville d'En Bas", cité souterraine où vit un peuple d'une autre époque, invisible aux yeux du commun des mortels. Un peuple organisé, hiérarchisé, et à la tête duquel les rats jouent un rôle prépondérant.
Plus rien ne le retenant "là-haut", Richard rejoint les profondeurs... 

Prix Julia Verlanger 1999


Mon avis : 
Première plongée dans l'univers de Neil Gaiman, et ce n'est pas pour moi la révélation de l'année, mais le style est très agréable, l'univers bien travaillé, et les personnages attachants. On prend plaisir à parcourir la Londres "d'en bas" à travers les différentes stations de métro aux côtés d'un groupe de personnages loufoques. Pas mal d'humour, et de situations décalées, bref, une lecture agréable.
J'ajouterai que les méchants de l'histoire sont quand même assez terrifiants.
Il est certain que je lirai très vite un autre livre de cet auteur.

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